En bref
- Une communauté professionnelle territoriale de santé regroupe les professionnels de santé d'un même bassin de vie pour organiser l'accès aux soins et les parcours des patients de ce territoire.
- Base légale : article L. 1434-12 du code de la santé publique, issu de la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016.
- L'initiative vient des professionnels eux-mêmes, pas de l'ARS ni des élus. Statut habituel : association loi 1901.
- Financement : accord conventionnel interprofessionnel signé avec l'assurance maladie, de 50 000 à 90 000 euros de fonctionnement par an selon la taille du territoire.
- Plus de 800 CPTS en mai 2025, contre une vingtaine en 2018, pour une couverture de 82 % de la population.
- Le Sénat a publié le 15 octobre 2025 un rapport sévère sur leur financement et leur pilotage.
- Une CPTS ne reçoit aucun patient et ne dispose d'aucun local de soins.
Un patient sans médecin traitant appelle le cabinet du coin un mardi matin. On lui répond qu'il peut passer par la CPTS. Il raccroche et tape « CPTS » dans Google. Il tombe sur une définition administrative, une page ARS régionale, et aucune trace de la structure qui couvre sa commune.
Le dispositif existe pourtant depuis dix ans, il couvre 82 % de la population française et l'assurance maladie y consacrait 121 millions d'euros dès 2023. Voici ce qu'est une communauté professionnelle territoriale de santé, ce qu'elle fait, ce qu'elle coûte, ce qu'on lui reproche, et pourquoi elle reste largement introuvable pour ceux qui en auraient besoin.
Qu'est-ce qu'une communauté professionnelle territoriale de santé ?
Une communauté professionnelle territoriale de santé est un regroupement de professionnels de santé d'un même territoire, constitué à leur initiative, qui organise collectivement l'accès aux soins et les parcours des patients de ce territoire. Elle repose sur un projet de santé validé par l'agence régionale de santé et se finance par un contrat signé avec l'assurance maladie.
L'article L. 1434-12 du code de la santé publique pose le principe : afin d'assurer une meilleure coordination de leur action et de concourir à la structuration des parcours de santé, des professionnels de santé peuvent décider de se constituer en communauté professionnelle territoriale de santé. Le texte prévoit que cette communauté associe des professionnels de premier et de second recours, le cas échéant regroupés en équipes de soins primaires, ainsi que des acteurs médico-sociaux et sociaux du territoire.
Deux caractéristiques expliquent l'essentiel du fonctionnement réel du dispositif.
La première tient à l'initiative. Une CPTS naît de la volonté des professionnels de santé libéraux d'un territoire, généralement portée par un noyau de médecins généralistes, d'infirmiers et de pharmaciens. L'ARS ne la crée pas : elle valide un projet qu'on lui présente. L'article L. 1434-14 du code de la santé publique lui permet seulement de prendre les initiatives nécessaires en l'absence de projet, faculté peu utilisée en pratique.
La seconde tient à l'objet. Une CPTS n'a pas de patientèle, pas de salle d'attente, pas de plateau technique. Elle emploie le plus souvent un coordinateur, parfois un assistant, et travaille sur l'organisation : qui prend les patients sans médecin traitant, comment traiter une demande de soin le jour même, comment éviter qu'un patient sortant d'hospitalisation se retrouve sans relais. Sa production est de la coordination, pas du soin.
Le cadre juridique a été précisé par l'ordonnance n° 2021-584 du 12 mai 2021, qui a clarifié le statut et le régime des CPTS et des maisons de santé. Dans les faits, la quasi-totalité des CPTS sont des associations régies par la loi du 1er juillet 1901.
Qui compose une CPTS et comment est-elle organisée ?
Une CPTS réunit les professionnels de santé libéraux et salariés d'un territoire, toutes professions confondues, auxquels s'ajoutent les structures d'exercice coordonné, les établissements de santé et les acteurs médico-sociaux. L'adhésion est libre, gratuite, et ne modifie ni le mode d'exercice ni la patientèle du professionnel.
Le territoire n'est pas une circonscription administrative. Il se définit par les habitudes de recours aux soins de la population, ce qui donne des périmètres à géométrie variable : une agglomération, un ensemble de communes rurales, parfois plusieurs intercommunalités. Une CPTS couvre en moyenne 82 000 habitants selon les chiffres publiés par la Fédération des CPTS en février 2024.
| Catégorie de membres | Exemples | Rôle habituel |
|---|---|---|
| Professionnels médicaux | Médecins généralistes, médecins spécialistes, chirurgiens-dentistes, sages-femmes | Noyau fondateur, présidence dans la majorité des cas |
| Auxiliaires médicaux | Infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, pédicures-podologues, ergothérapeutes | Mise en œuvre des parcours et des actions de prévention |
| Pharmaciens | Officines du territoire | Relais de proximité, dépistages, vaccination, orientation |
| Structures d'exercice coordonné | Maisons de santé pluriprofessionnelles, centres de santé, équipes de soins primaires | Membres collectifs, souvent moteurs du projet |
| Établissements et médico-social | Centres hospitaliers, cliniques, EHPAD, SSIAD, HAD | Articulation ville-hôpital, sorties d'hospitalisation |
| Partenaires institutionnels | ARS, CPAM, URPS, collectivités, associations d'usagers | Validation, financement, appui méthodologique |
La gouvernance repose sur une assemblée générale, un conseil d'administration et un bureau, avec une règle non écrite mais quasi universelle : une représentation équilibrée entre professions, pour éviter que la structure devienne une affaire de médecins généralistes. Le poste opérationnel est celui de coordinateur, salarié de l'association, dont le temps de travail va du mi-temps au temps plein selon la taille.
Quelles sont les missions d'une CPTS ?
Quatre missions socles s'imposent à toute CPTS sous contrat : faciliter l'accès à un médecin traitant, organiser la réponse aux soins non programmés, structurer les parcours pluriprofessionnels et mener des actions de prévention. Deux missions complémentaires restent optionnelles : la qualité et la pertinence des soins, et l'accompagnement des professionnels du territoire.
Ces missions viennent de l'accord conventionnel interprofessionnel signé le 20 juin 2019 entre l'Union nationale des caisses d'assurance maladie et les syndicats de professionnels de santé, approuvé par arrêté du 21 août 2019. L'accord comptait trois missions socles à l'origine. L'avenant du 20 décembre 2021 a ajouté la réponse aux crises sanitaires graves, retour d'expérience direct de la période covid.
| Mission | Ce qu'elle recouvre concrètement | Statut |
|---|---|---|
| Accès à un médecin traitant | Recensement des patients sans médecin traitant, priorisation des patients en affection de longue durée, répartition entre cabinets volontaires | Socle |
| Soins non programmés | Réponse aux demandes de soins sous 24 à 48 heures, plages dédiées, régulation, articulation avec le service d'accès aux soins | Socle |
| Parcours pluriprofessionnels | Protocoles de sortie d'hospitalisation, parcours personnes âgées, santé mentale, insuffisance cardiaque, diabète, soins palliatifs | Socle |
| Prévention | Dépistages organisés, vaccination, addictions, nutrition, santé sexuelle, actions choisies selon les priorités du territoire | Socle |
| Réponse aux crises sanitaires graves | Plan de mobilisation, circuits de vaccination et de dépistage, coordination avec l'ARS et la préfecture | Socle depuis l'avenant du 20 décembre 2021 |
| Qualité et pertinence des soins | Revues de pratiques pluriprofessionnelles, protocoles partagés, juste prescription | Complémentaire |
| Accompagnement des professionnels | Accueil des internes et des remplaçants, aide à l'installation, attractivité du territoire | Complémentaire |
Sur le terrain, la mission qui absorbe le plus d'énergie reste l'accès au médecin traitant. Le rapport du Sénat d'octobre 2025 relève que 5,4 millions d'habitants vivent encore dans une zone non couverte par une CPTS, et que la couverture masque de très fortes disparités d'usage à l'intérieur même des territoires couverts.
Comment une CPTS est-elle financée ?
Par l'assurance maladie, via un contrat signé avec la CPAM et l'ARS en application de l'accord conventionnel interprofessionnel. Le financement comprend une part de fonctionnement, versée dès la signature, et une part par mission, composée d'un montant fixe et d'un montant variable lié à l'atteinte des objectifs. Le total dépend de la taille de la population couverte.
L'accord classe les CPTS en quatre tailles, définies par la population du territoire. Les montants ci-dessous correspondent au cadre de l'accord tel qu'il est publié par les portails d'accompagnement des professionnels de santé.
| Taille | Population couverte | Fonctionnement par an | Plafond toutes missions déployées |
|---|---|---|---|
| Taille 1 | Moins de 40 000 habitants | 50 000 € | 287 500 € |
| Taille 2 | 40 000 à 80 000 habitants | 60 000 € | Intermédiaire |
| Taille 3 | 80 000 à 175 000 habitants | 75 000 € | Intermédiaire |
| Taille 4 | Plus de 175 000 habitants | 90 000 € | 580 000 € |
Ces plafonds théoriques ne correspondent pas aux versements réels. Le Sénat établit une moyenne de 240 000 euros par CPTS en 2023, pour une dépense nationale de 121 millions d'euros la même année, contre 105,8 millions en 2022. L'écart entre enveloppe théorique et dépense effective constitue l'un des principaux reproches du rapport.
Un point que les porteurs de projet découvrent tard : la part variable de chaque mission dépend d'indicateurs négociés localement avec la CPAM. Deux CPTS voisines, de taille identique, peuvent percevoir des montants très différents selon la qualité de la négociation initiale et la capacité à documenter les résultats. La rédaction du contrat pèse autant que l'activité réelle.
Combien y a-t-il de CPTS en France et quelle population couvrent-elles ?
Plus de 800 CPTS existaient en mai 2025, contre une vingtaine en 2018, couvrant 82 % de la population française. Les annuaires professionnels recensent 782 structures identifiées en 2026. Le maillage est presque achevé sur le papier, avec des écarts régionaux considérables : 79 % des habitants de Corse restent hors couverture, contre 1,7 % en Centre-Val de Loire.
La croissance a été rapide. La Fédération des CPTS recensait 738 communautés et 530 contrats ACI signés en février 2024, pour une couverture annoncée de 84 % du territoire. Le Sénat retient 82 % de la population en mai 2025, écart qui s'explique par la différence entre territoire couvert et population effectivement desservie.
Ce qui manque, c'est la mesure de l'usage. Le nombre de CPTS installées dit combien de contrats ont été signés, pas combien de patients ont trouvé un médecin traitant grâce au dispositif. Le rapport sénatorial souligne l'absence d'outil national de pilotage permettant de suivre les dépenses par mission, ce qui interdit toute évaluation d'impact sérieuse au niveau national.
Que reproche le Sénat aux CPTS ?
Le 15 octobre 2025, la mission d'évaluation et de contrôle de la sécurité sociale du Sénat a publié un rapport d'information intitulé « Financement des CPTS : pour un contrôle au service de l'action des professionnels de santé », signé par Corinne Imbert et Bernard Jomier. Le texte ne remet pas en cause le principe du dispositif. Il attaque son pilotage financier.
Les constats les plus documentés :
- Une appropriation faible par les professionnels. Les CPTS sont jugées « trop administrées et peu lisibles ». Le taux d'adhésion varie de 25 % chez les médecins généralistes à 0,3 % chez les chirurgiens-dentistes. Les masseurs-kinésithérapeutes plafonnent autour de 8 % au niveau national.
- Des mésusages de fonds identifiés. Le rapport cite le financement d'activités de yoga, de voile ou de théâtre, la thésaurisation d'enveloppes non consommées, et des investissements immobiliers financés par l'assurance maladie.
- Une porosité entre enveloppes. 82,4 % des CPTS pratiquent déjà des transferts de crédits entre missions, hors de tout cadre national. Le rapport propose d'assumer cette souplesse en l'encadrant plutôt que de continuer à l'ignorer.
- Aucun outil national de pilotage. Ni l'assurance maladie ni les ARS ne disposent d'un suivi consolidé des dépenses par mission, d'où l'impossibilité de savoir ce que produit réellement l'argent versé.
Les recommandations vont dans un sens unique : plus de traçabilité. Transmission obligatoire des documents budgétaires et comptables aux ARS et aux CPAM, montée en charge progressive de la part variable indexée sur les objectifs, indicateurs standardisés adaptés à la maturité de chaque CPTS, contrôle des financements complémentaires privés lors des prochaines négociations conventionnelles.
Ce que ça implique pour une CPTS en 2026 : la capacité à documenter publiquement son activité devient un enjeu de financement, pas seulement de communication. Une CPTS qui publie ses actions, ses indicateurs et ses résultats dans un format consultable prend une longueur d'avance sur celle qui les garde dans un rapport d'activité PDF envoyé une fois par an à sa CPAM.
Comment crée-t-on une CPTS ?
Le parcours est balisé par l'assurance maladie et par les ARS. Il tient en cinq étapes, et prend en pratique entre douze et vingt-quatre mois.
L'étape 3 fait la qualité du dispositif. Le projet de santé décrit le territoire, la population, les besoins identifiés, les missions retenues, les moyens et les indicateurs. C'est le document qui engage la CPTS pour cinq ans, et celui sur lequel la CPAM s'appuie pour calculer la part variable. Un projet écrit en deux mois par une seule personne produit un contrat que personne ne s'approprie.
Le directeur général de l'ARS dispose de deux mois pour se prononcer sur le projet transmis, son silence valant validation. L'assurance maladie s'engage par ailleurs à répondre sous quinze jours à une première prise de contact.
Votre CPTS existe. Les patients de votre territoire le savent-ils ?
Une CPTS sans site lisible n'apparaît ni dans Google, ni dans ChatGPT, ni dans les réponses que reçoivent les habitants qui cherchent un médecin traitant. On regarde votre situation en 20 minutes, ou on vous envoie un audit gratuit de 2 pages.
Quelle différence entre une CPTS, une MSP, une équipe de soins primaires et un contrat local de santé ?
La maison de santé pluriprofessionnelle est un lieu d'exercice partagé. L'équipe de soins primaires est une coordination informelle entre professionnels de premier recours. La CPTS couvre un bassin de vie entier sans local ni patientèle. Le contrat local de santé relève des élus et de l'ARS, pas des professionnels de santé.
La confusion est fréquente, y compris chez les professionnels concernés, parce que les quatre dispositifs partagent le vocabulaire du territoire et de la coordination. Ils diffèrent sur l'initiative, l'échelle et le financeur.
| Critère | CPTS | MSP | Équipe de soins primaires | Contrat local de santé |
|---|---|---|---|---|
| Base légale | Article L. 1434-12 du CSP | Article L. 6323-3 du CSP | Article L. 1411-11-1 du CSP | Article L. 1434-10 IV du CSP |
| Initiative | Professionnels de santé du territoire | Professionnels d'un même site | Professionnels de premier recours | ARS et collectivité territoriale |
| Échelle | Bassin de vie, 82 000 habitants en moyenne | Un lieu, une patientèle commune | Quelques cabinets | Commune, intercommunalité ou département |
| Locaux et patientèle | Aucun local de soins, aucune patientèle propre | Locaux partagés, patientèle commune | Variable, sans obligation de site unique | Sans objet |
| Financeur principal | Assurance maladie, via l'ACI | Assurance maladie, via l'ACI MSP | Pas de financement dédié pérenne | ARS, sur le temps de coordination |
| Forme juridique | Association loi 1901 dans la quasi-totalité des cas | SISA le plus souvent | Libre, souvent informelle | Contrat, sans personnalité morale |
Sur un même territoire, une CPTS et un contrat local de santé ont tout intérêt à travailler ensemble : le CLS apporte le portage politique et l'accès aux crédits de prévention, la CPTS apporte les professionnels de santé et la capacité opérationnelle. Nous avons détaillé le fonctionnement du CLS dans notre article sur le contrat local de santé, sa base légale et son financement, et l'articulation d'ensemble du système dans notre analyse de la politique locale de santé en France.
Côté hôpital, l'interlocuteur de la CPTS est le groupement hospitalier de territoire. La circulaire du 29 juillet 2026 demande explicitement aux 136 GHT de renforcer leurs synergies avec les CPTS dans leur plan d'actions, à remettre avant le 15 janvier 2027. Le détail figure dans notre article sur le groupement hospitalier de territoire.
Pourquoi une CPTS est-elle si difficile à trouver en ligne ?
Le test se fait en trente secondes. Tapez « CPTS » suivi du nom de votre ville dans Google. Dans une majorité de cas, le premier résultat est une page de l'ARS régionale ou un annuaire tiers, pas le site de la CPTS concernée. Posez la même question à ChatGPT ou à Perplexity : vous obtenez une définition générique du dispositif, sans un mot sur votre territoire.
Les raisons sont structurelles.
Beaucoup de CPTS n'ont pas de site du tout, ou une page hébergée sur le site d'une URPS, sans nom de domaine propre et sans contenu indexable. Celles qui ont un site publient leurs actions sous forme d'affiches PDF et de comptes rendus d'assemblée générale, formats que ni Google ni les moteurs de réponse n'exploitent correctement. Et l'information la plus recherchée par les habitants, à savoir « que puis-je faire si je n'ai pas de médecin traitant », est presque toujours absente, parce que la CPTS s'adresse aux professionnels et pas au public.
Le résultat est mesurable. Un patient qui cherche une solution ne trouve pas le dispositif financé pour lui. Un professionnel qui s'installe ne sait pas qu'une structure existe sur son territoire. Et au moment du renouvellement du contrat, la CPTS ne dispose d'aucune trace publique de son activité, alors même que le Sénat demande davantage de traçabilité.
Ce qui change la donne, techniquement
Quatre corrections suffisent à faire exister une CPTS sur le web et dans les IA génératives.
- Un nom de domaine propre et une page d'accueil claire, avec le nom exact de la CPTS, la liste des communes couvertes et la population du territoire. Une IA ne rattache pas une structure à un territoire si le territoire n'est pas écrit.
- Une page par mission, en texte réel : ce que fait la CPTS pour l'accès au médecin traitant, comment fonctionne le dispositif de soins non programmés, quels parcours sont ouverts, avec les horaires, les contacts et les conditions.
- Un balisage schema.org associant
MedicalOrganization,OrganizationetFAQPage, avec la zone desservie déclarée explicitement enareaServedet les communes listées. - Une page publique d'activité, datée et signée : nombre de patients accompagnés, actions menées, partenaires. C'est le document que citera une IA, et celui qui servira aussi face à la CPAM.
C'est le travail que nous menons pour les structures d'exercice coordonné dans notre offre de visibilité web et IA des MSP et des CPTS, et pour les collectivités dans notre offre dédiée aux contrats locaux de santé. La méthode est celle décrite dans notre approche du SEO, de l'AEO et du GEO appliqués au secteur de la santé : un contenu structuré, daté, signé et sourcé devient citable.
Une CPTS est financée par de l'argent public pour organiser l'accès aux soins d'un bassin de vie. Qu'elle reste invisible pour les habitants de ce bassin relève d'un problème éditorial, et il se corrige.
Questions fréquentes sur les CPTS
Qu'est-ce qu'une communauté professionnelle territoriale de santé ?
Une communauté professionnelle territoriale de santé est un regroupement de professionnels de santé d'un même territoire, constitué à leur initiative, qui organise ensemble l'accès aux soins et les parcours des patients de ce territoire. Elle est prévue à l'article L. 1434-12 du code de la santé publique, prend le plus souvent la forme d'une association loi 1901, repose sur un projet de santé validé par l'agence régionale de santé et se finance par un contrat signé avec l'assurance maladie.
Adhérer à une CPTS est-il obligatoire pour un professionnel de santé ?
Non. L'adhésion est libre et gratuite pour le professionnel, qui conserve son mode d'exercice, sa patientèle et son indépendance. Aucun texte n'impose d'adhérer. C'est la principale limite du dispositif : au 30 septembre 2025, environ 25 % des médecins généralistes et 0,3 % des chirurgiens-dentistes d'un territoire couvert adhéraient effectivement à leur CPTS, selon le rapport du Sénat d'octobre 2025.
Qui peut adhérer à une communauté professionnelle territoriale de santé ?
Tous les professionnels de santé du territoire, libéraux comme salariés : médecins généralistes et spécialistes, pharmaciens, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, sages-femmes, chirurgiens-dentistes, orthophonistes, pédicures-podologues et autres. L'article L. 1434-12 du code de la santé publique prévoit aussi la participation des acteurs médico-sociaux et sociaux du territoire, ainsi que des établissements de santé.
Combien une CPTS reçoit-elle par an de l'assurance maladie ?
Le montant dépend de la taille du territoire couvert et des missions engagées. Le financement de fonctionnement va de 50 000 euros par an pour une CPTS de taille 1, qui couvre moins de 40 000 habitants, à 90 000 euros pour une CPTS de taille 4, au-delà de 175 000 habitants. Toutes missions déployées à 100 %, le plafond théorique va de 287 500 à 580 000 euros par an. En moyenne réelle, le Sénat relève 240 000 euros versés par CPTS en 2023.
Quelle différence entre une CPTS et une maison de santé pluriprofessionnelle ?
Une maison de santé pluriprofessionnelle est un lieu d'exercice : des professionnels de santé partagent des locaux, un secrétariat et parfois un système d'information, autour d'une patientèle commune. Une CPTS ne reçoit aucun patient et n'a pas de cabinet. Elle coordonne, à l'échelle d'un bassin de vie entier, des professionnels qui restent chacun dans leur cabinet. Une MSP peut adhérer à une CPTS, et c'est fréquent.
Quelle différence entre une CPTS et un contrat local de santé ?
La CPTS émane des professionnels de santé, prend la forme d'une association et se finance auprès de l'assurance maladie via l'accord conventionnel interprofessionnel. Le contrat local de santé est un contrat signé entre une agence régionale de santé et une collectivité territoriale, porté par les élus, financé par l'ARS sur le temps de coordination, et centré sur la prévention, l'accès aux soins et le médico-social. Les deux dispositifs coexistent souvent sur le même territoire et gagnent à se coordonner.
Combien de temps faut-il pour créer une CPTS ?
Entre douze et vingt-quatre mois en pratique, entre la lettre d'intention et la signature du contrat avec l'assurance maladie. L'essentiel du délai tient à l'écriture du projet de santé et à la mobilisation des professionnels. Une fois le projet déposé, le directeur général de l'agence régionale de santé dispose de deux mois pour se prononcer, son silence valant validation.
Sources
- Légifrance, Code de la santé publique, section 4 « Communautés professionnelles territoriales de santé », articles L. 1434-12 à L. 1434-14. Définition, transmission du projet de santé à l'ARS et initiative subsidiaire de l'agence. Consulté le 28 septembre 2026.
- Loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, article 65, texte créant les communautés professionnelles territoriales de santé. Consulter sur Légifrance. Consulté le 28 septembre 2026.
- Loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019 relative à l'organisation et à la transformation du système de santé, qui inscrit le déploiement des CPTS dans la stratégie Ma santé 2022. Consulter sur Légifrance. Consulté le 28 septembre 2026.
- Légifrance, Ordonnance n° 2021-584 du 12 mai 2021 relative aux communautés professionnelles territoriales de santé et aux maisons de santé. Statut juridique et régime applicable. Consulté le 28 septembre 2026.
- Assurance maladie, Rejoindre une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) : mode d'emploi. Missions socles et complémentaires, étapes de constitution, délai de réponse de l'ARS, accord conventionnel interprofessionnel du 20 juin 2019 et avenants du 23 mars 2020 et du 20 décembre 2021. Consulté le 28 septembre 2026.
- Assurance maladie, Note de présentation de l'accord conventionnel interprofessionnel en faveur du développement de l'exercice coordonné et du déploiement des CPTS. Tailles de CPTS et architecture du financement. Arrêté d'approbation du 21 août 2019, publié au Journal officiel du 25 août 2019. Consulté le 28 septembre 2026.
- PAPS Hauts-de-France, ARS Hauts-de-France, Le financement de la CPTS : l'accord conventionnel interprofessionnel (ACI). Montants de fonctionnement par taille et plafonds toutes missions déployées. Consulté le 28 septembre 2026.
- Sénat, mission d'évaluation et de contrôle de la sécurité sociale, Corinne Imbert et Bernard Jomier, Financement des CPTS : pour un contrôle au service de l'action des professionnels de santé, rapport d'information n° 32, 15 octobre 2025. Nombre de CPTS, couverture de la population, montants versés en 2022 et 2023, mésusages, taux d'adhésion par profession, disparités régionales et recommandations. Consulté le 28 septembre 2026.
- Sénat, L'essentiel du rapport sur le financement des CPTS, synthèse, 15 octobre 2025. Consulté le 28 septembre 2026.
- Concours pluripro, 84 % du territoire couvert, 738 CPTS, 530 ACI signés : les chiffres clés de la FCPTS, 22 février 2024. Population moyenne couverte par CPTS.
- URPS masseurs-kinésithérapeutes Océan Indien, Rapport sénatorial sur les CPTS 2025. Taux d'adhésion des masseurs-kinésithérapeutes au 30 septembre 2025. Consulté le 28 septembre 2026.
- CPTS Hero, Annuaire des CPTS de France, recensement 2026. Source professionnelle non institutionnelle, citée à titre d'ordre de grandeur.
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